• Teresa Kany

Ne jugez pas avant le temps.

« Il n’est pas pur, certainement, il n’est pas pur », paroles sèches et tranchées que prononce Saül à l’égard de son gendre David alors que celui-ci, par crainte de se faire assassiner par le roi en place, avait décidé de se cacher dans une forêt avoisinante jusqu’à ce qu’il soit certain des intentions du monarque à son égard. Cependant, aveuglé par la haine et séduit par ses pensées criminelles, Saül, sans chercher à comprendre ce qu’il se passait réellement, va se dire en lui-même, en parlant de David: « Il n’est pas pur, certainement qu’il n’est pas pur. » 1 Samuel 20,26


En outre, dans un contexte complètement différent de celui cité en exergue, l’apôtre Paul, à une certaine étape de son ministère, va exhorter les croyants de l’église de Corinthe de ne pas être porté à tirer des conclusions hâtives. En effet, durant ce temps-là, des clivages commençaient à se former au sein de l’église naissante et l’apôtre se sentait alors dans l’obligation de rappeler à ses ouailles et par ricochet à certains administrateurs des dons de Dieu qui le pointaient du doigt et remettaient en question l’exercice de son ministère, qu’il était avant tout l’esclave et le serviteur de Christ et non celui des hommes. De ce fait, selon l’apôtre, Christ devient le seul ayant la pleine capacité et la légitimité d’apprécier l’administration de son serviteur et de le déclarer conforme, agréable ou non 1 Corinthiens 4,5.


Dans le même ordre d’idées, à la genèse de son parcours, Paul, ce meurtrier et persécuteur de chrétiens, rencontre Jésus - Christ sur le chemin de Damas et, ébloui par cette grande vision, se retrouve désormais aveugle et tâtonnant sur une rue qu’on appelle La droite, allusion ironique à cette obscurité dans laquelle était plongé ce docteur de la loi qui avançait dans la vie, perdu sur un chemin censé être celui de la droiture. À la suite de cet événement, Dieu sollicite un de ses serviteurs, Ananias, pour qu’il aille imposer les mains à ce bourreau afin qu’il recouvre la vue. Cependant, Ananias, connaissant le passé de Paul, émet de fortes réticences et argue que cet homme n’est pas recommandable car, se dit-il, il a les mains souillées du sang des chrétiens. Mais Dieu rassure Ananias et lui demande de s’exécuter, car dans sa miséricorde et sa souveraineté, le Seigneur avait un regard tout autre sur la destinée de ce malfrat (Actes 9,1-22)


De surcroît, un dernier cas de figure, pour ne citer que ceux-là, nous est relaté dans le livre des Actes 10,1-34, chapitre adjacent à celui de la conversion de Paul, où cette fois-ci le phare est mis sur un homme du nom de Corneille, officier romain païen vivant à Césarée. Ainsi, dans ce prologue, Corneille, nom qui signifie « Celui à qui Dieu a donné gracieusement », est décrit comme un homme pieux et craignant Dieu. Par ailleurs, dans ce cas-ci, ce n’est pas Dieu qui prend les devants et envoie un de ses serviteurs aller à la recherche de cet homme, mais c’est Corneille qui, divinement instruit par le Saint-Esprit, envoie des émissaires vers Pierre, serviteur de Jésus-Christ qui, comme Ananias, émet de fortes réticences au début, convaincu qu’un païen tel que Corneille était impur et souillé, donc indigne de la visitation du Seigneur. Au bout du compte, Pierre aura appris que Dieu ne faisait pas acception de personnes et que lui seul avait la prérogative de déclarer une personne digne ou indigne de son appel.

En somme, ces quelques exemples nous montrent que la plupart d’entre nous avons un filtre de perception qui se forme et qui, au fil du temps, fini par se cristalliser, laissant dans notre subconscient un univers né et bâtit à travers nos circonstances passées, notre culture, nos croyances, nos peurs, notre religion, ... après coup, ce vécu qui nous est propre nous pousse finalement à appréhender les événements de la vie d’une certaine manière plutôt que d’une autre.


Ainsi, l’être humain aura tendance à tirer des conclusions d’une situation en ne se fiant qu’à ce qui semble être une évidence à ses yeux et qui cadreraient ou ne cadreraient pas avec ce qui serait, selon les standards de la société et selon ses expériences personnelles, acceptable ou non. Mais la Bible nous exhorter de ne rien juger avant le temps, et de laisser le Seigneur seul apporter la lumière sur ce qui est caché à nos yeux et échappe, par le fait même, à notre entendement.


Fin mot de l’histoire: généralement, notre perception des événements ne se limite qu’à ce que l’on peut voir, à ce que l’on pense, et à ce que l’on croit connaître. Cependant, afin de mieux comprendre une situation donnée, laissons libre cours au Saint-Esprit qui, en son temps, peut apporter la lumière sur ce qui nous paraît obscur et nébuleux.




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