• Teresa Kany

Le reggae chrétien

Mis à jour : juil. 9

Lorsque l’on parle des Antilles et des Caraïbes, on a automatiquement l’image d’un genre de paradis terrestre, des plages, du soleil à longueur de l’année, de belles femmes sirotant un bon cocktail de fruit et jouissant d’un paysage toujours verdoyant. Mais lorsque l’on cherche à plonger dans les profondeurs de l’histoire de ces peuples, la réalité nous immerge dans les détritus d’un passé triste et sombre.


Les Antilles et Caraïbes sont constituées de quatorze pays et de douze territoires; ceux-ci sont pour la plupart des colonies anglaises, françaises et espagnoles. L’archipel est une mosaïque de cultures, un métissage de peuples et de croyances, et cette même diversité née du métissage de peuples et de cultures à influencé fortement la musique antillaise et caribéenne.


Les antillais sont un peuple qui a basé sa tradition en des croyances mystiques telles que l’animisme, la renaissance (une vie après la mort ou la réincarnation d’une âme dans un autre corps) et le vaudou qui est une religion que l’on retrouve principalement en Afrique plus particulièrement au Bénin, lieu même où cette religion tire son origine.


Ainsi, l’évangile n’a pas au départ été le bienvenu car il représentait un dieu-maître-blanc écrasant un diable noir, ceci à cause des séquelles de l’esclavage dans l’esprit des noirs déportés loin de leurs terres par les négriers. La preuve en est même que la musique Gospel a tardivement imprégné la musique antillaise contrairement à d’autres peuples.

On peut noter plusieurs types de musiques aux Antilles et Caraïbes, mais les plus communément connues sont le Zouk pour les colonies françaises et le Reggae pour les colonies anglaises. Aujourd’hui, j’aimerais parler de la musique aux Antilles. Mais mon choix a été dure avant de décider laquelle j’allais présenter car j’ai autant à ressortir sur le Zouk que sur le Reggae; mais finalement j’ai opté pour le Reggae, style de musique qui m’était totalement inconnu à part le nombre de fois que j’ai eu à l’entendre par hasard à la radio.


Le reggae est une musique née en Jamaïque vers la fin des années 1960. C’est une musique qui a évolué dans le temps, à l’image d’un peuple blessé qui, malgré ce que l’on peut voir, cherche son identité, ses origines et ses racines à travers la spiritualité. Ainsi, cette dite spiritualité trouve ses origines dans le culte « Nyabinghi » qui est à l’origine du « Rastafari », source d’inspiration de la musique reggae.


De façon générale, le reggae a évolué en quatre temps pour être ce qu’il est aujourd’hui :

Il a commencé par le Mento qui est une musique joyeuse jouée à l’aide d’une guitare, la mélodie servait à divertir les touristes; puis le Ska qui elle, est beaucoup plus rapide et un peu jazzée; puis vint le Rocksteady qui est par contre plutôt cool, elle parle d’amour et de la vie quotidienne dans les ghettos; et finalement ce que l’on va appeler le Earlyreaggae, qui est le précurseur du reggae actuel, qui, par sa forme, elle ressemble beaucoup au reggae actuel mais l’esprit n’était pas encore là.


Le reggae, contrairement au zouk dont les notes sont plus joyeuses référant à l’amour et au bien-être intérieur malgré la dureté de la vie, le reggae lui, parle de la blessure de l’âme, de l’injustice sociale, de la recherche de ses vraies racines et de la profondeur des choses au-delà de ce qu’elles peuvent présenter comme apparence.


Par ailleurs, je ne peux pas passer sous silence le reggae chrétien. Celui-ci a pris la même saveur que le reggae traditionnel, à la seule différence que l’âme vient crier sa misère à Dieu; il appelle Dieu à venir régler l’injustice social, il ne cherche plus la solution de son rejet par le retour en Afrique, mais en Dieu.


Le premier artiste à avoir chanté du reggae chrétien est Mark Mohr en 1989. Il est né le 23 octobre 1971 de parents chrétiens et très engagés, et il a reçu Christ à l’âge de 4 ans. Il a quitté l’église à l’âge de 10 ans et s’est lié d’amitié à des garçons de la rue ce qui l’a poussé à commencer à fumer de la marijuana et il avait même sa propre plantation de marijuana derrière la cour de sa maison.


Après cela, il a commencé à fumer tout ce qu’il pouvait trouver, de la cocaïne, du crack; il a commencé à boire beaucoup d’alcool et s’est adonné à des relations sexuelles précoces. Après toute cette dégringolade, il a décidé d’aller en Jamaïque à l’âge de 15 ans, lieu où il a intégré le mouvement rasta, a commencé à s’imprégner de la musique de Peter Tosh et de Bob Marley.


Plus le temps passait, plus il fumait et s’est retrouvé finalement avec une bronchite chronique. Pendant tout ce temps, ses parents n’arrêtaient pas de prier pour lui jusqu’au jour où, peu avant ses 18 ans, il décide de rentrer à la maison. Ses parents lui suggèrent alors d’aller dans un camp de jeunes chrétiens, ce qu’il a fait et a été touché par le message qui parlait ce jour-là de l’enfant prodigue.


Depuis, il a reçu Christ et sert le Seigneur. Il a fait l’école biblique à Biola University, il a été missionnaire dans plus de trente- et-un pays, et a été ordonné Pasteur en 2003, puis il a implanté une église en Trinité-et-Tobago pays natal de sa femme; son église s’appelle « The Gathering ».


Dès 1989, il a créé le groupe Christafari qui se lit Christ-A-Far-Eye. Ce nom trouve sa racine en grec, latin et en amharique, ce qui signifie « Oint de Dieu » ou « L’envoyé oint de Dieu », mais aussi les guerriers et les soldats de Christ; et enfin « Dieu tout- puissant ». Mais bref, ce mot désigne en grecque « un groupe de personnes ointes pour représenter Christ ».


De part tout son parcours, il n’a pas choisi la musique reggae mais le reggae l’a bel et bien choisi car le Seigneur avait un plan merveilleux pour ce peuple en détresse, dit Mark MOHR. La Mission de Christafari est la grande commission au travers de la musique; faire de toutes les nations des disciples comme le demande la parole de Dieu, en utilisant leur musique et leur témoignage.


Ce groupe vise l’édification et la consolidation du corps de Christ localement mais aussi au travers le monde entier, encore par le billet de la musique. Ce groupe vise également le maintien d’une bonne qualité musicale et se promet d’offrir le meilleur de soi-même tout en maintenant une attitude selon Christ même dans le domaine des affaires.


De plus, tout en apportant l’évangile aux adultes, ils ont aussi entrepris d’apporter l’évangile aux enfants au travers leur école du dimanche. Ils ont personnalisé un type de reggae pour enfants. Maintenant leur musique touche non seulement les enfants de très bas âge, des adolescents mais aussi les adultes.


L’une de leur chanson est The Valley of Decision ( La Vallée du jugement), est un extrait tiré du livre du prophète Joël dans l’Ancien Testament qui annonçait le jour du Seigneur, le jour du Jugement dernier. Ce texte montre le sort de tous ceux qui n’auront pas cru en la parole de Dieu et qui n’auront pas reçu Christ comme leur Sauveur Personnel.


The Valley of Decision est également un texte qui appelle à la repentance, qui montre que le temps de la Grâce est encore là et que ceux qui acceptent de se confier aujourd’hui en Jésus-Christ, vont être sauvés. Il montre aussi comment ceux qui auront cru en Jésus et se seront confié en Lui, quoiqu’ils seraient dans les mêmes conditions que le reste du monde, ils reposeraient en paix car l’Éternel sera leur refuge.


Personnellement cette chanson m’a beaucoup interpellée de part, non seulement son rythme mais aussi et surtout de par ses paroles car parfois nous oublions que nous sommes tous appelés à évangéliser et à proclamer le Salut en Jésus-Christ aussi longtemps que le temps de la Grâce perdure.


Mais outre l’intérêt que j’ai eu à porter sur cette chanson, je dirais aussi qu’après ces quelques recherches menées par rapport au reggae en général et au reggae chrétien en particulier, j’ai désormais un regard nouveau sur ce style de musique. Je ne cacherai pas que j’ai tout le temps eu des préjugés face au reggae traditionnel; mais maintenant, après avoir étudié ce peuple de plus près, je me suis retrouvée comme Ézéchiel dans Ézéchiel 3,13-17.


En effet, dans Ézéchiel 3,13-17, l’Éternel avait envoyé son prophète parler aux exilés de Thel- Abib qui demeuraient près du fleuve Kebar, mais ce dernier avait déjà des préjugés et pensait savoir ce qu’il avait à dire et à faire; mais le Seigneur l’a tenu sept jours au milieu de ce peuple blessé et meurtri afin, j’imagine, de mieux le connaître et de le regarder avec des yeux de compassion.


Ainsi, c’est seulement après sept jours assis au milieu de ce peuple et de ses décombres, qu’il a pu le comprendre car il avait souffert avec lui et s’était identifié à sa misère. Je ne vous cacherais pas que ceci était mon cas face au reggae et à la culture rasta : je voyais des gens qui passent la journée à rêver et à avancer des idéaux sous l’effet d’une bouffée de marijuana. Maintenant, je sais que c’est leur façon à eux d’exprimer leur blessure et de s’évader de ce passé qui les hante. Aujourd’hui, ils ont besoin d’une personne qui peut les mener vers la porte de sortie, et cette porte est Jésus Christ.


J’aurais tellement de choses à dire à ce sujet mais je me contente d’arrêter ici.



#LaSociété

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