• Teresa Kany

J'ai appris à vivre autrement!

Mis à jour : mai 14

« J’ai appris à être content de l’état où je me trouve. Je sais vivre dans l’humiliation, et je sais vivre dans l’abondance. En tout et partout j’ai appris à être rassasié et à avoir faim, à être dans l’abondance et à être dans la disette. Je puis tout par celui qui me fortifie. »

Ph 4,11b-13


L’année dernière, une situation particulière m'a contrainte au confinement pendant six mois : d’Avril à Octobre 2019, j’ai dû passer les trois quarts de mes journées à regarder la vie défiler à travers les fenêtres de mon appartement. À ce moment précis, deux options m’avaient été offertes, dont je refusais catégoriquement la première pour des raisons de convictions personnelles et la seconde qui consistait entre-autre en une séance de natation d’au moins une heure par jour, un minimum de quatre jours par semaine.


A priori, l'exercice me paraissait simple même si mon dernier contact avec une piscine datait de l’année précédente, baignades qui se résumaient à quelques minutes de barbotage et de jeux avec des amies, dans l’attente du moment ultime, le barbecue! Cela étant, durant les premières semaines de natation, j’étais essoufflée telle une personne victime de strangulation sans même avoir complété la moitié de la première longueur. Par le fait même, je me présentais chaque jour au centre sportif complètement découragée, mais je savais que je devais persévérer, je devais y arriver, je ne devais pas lâcher car ma survie en dépendait. Ensuite, à force de détermination et de persévérance, le vent a commencé à tourner et j’avais désormais hâte à ces après-midis où le grand bassin, quasiment vide durant cette période de l’année, n’attendait que moi pour tracer des sillons dans ses eaux et y laisser parfois une onde centrifuge.


À posteriori, je réalise que durant ces temps de vulnérabilité, Dieu voulait m’apprendre quelque chose d’essentiel; une leçon qui a peut-être une portée plus profonde que ce que je comprends aujourd’hui, mais concrètement, je devais réapprendre à respirer. Non pas cette respiration inconsciente dont nous jouissons tous les jours sans même nous en rendre compte, mais une respiration sous l’eau, une respiration sous pression, une respiration réfléchie, soutenue et maîtrisée, une respiration en situation de crise. Désormais, chaque respiration comptait; chaque bouchée d'air que j’ingurgitais lorsque j'avais la tête hors de l’eau, garantissait le nombre de coups que je porterais sur l’eau afin de me rendre jusqu’à l’autre bord.


Durant ces journées de confinement, je pouvais regarder la vie extérieure continuer, les gens s’essouffler face à leur train-train quotidien, et moi, j’étais comme internée sans qu’aucun geôlier, ni qu’aucun périmètre de sécurité, ni qu’aucune injonction n’ait été émise à mon égard. Au début je pleurais, j’étais découragée et angoissée, jusqu’au moment où une douce voix parle dans mon cœur et me dise : « Je vais t’apprendre à vivre autrement. » Sans tout à fait comprendre ce que cela voulait dire ou impliquait, je me suis relevée de ma détresse et j’ai commencé à écrire : « Teresa, qui es-tu réellement? Oublie la société; oublie comment tu as appris à fonctionner jusqu’à présent; le système roule et fonctionne sans toi. Maintenant toi, qui es-tu? Que veux-tu? Qu’est-ce que tu aimes? Quels sont tes rêves et quelles sont tes aspirations les plus profondes? Etc. »


Depuis cet épisode, j’ai revu mes priorités, j’ai réévalué mes perspectives et j’ai placé sur le balancier mes aspirations. Durant ces moments seule avec moi-même, je me suis redécouverte. Certes, c’était difficile par moment, mais c’est durant ce temps d'arrêt que j’ai réalisé ce qui m’était réellement important et essentiel. J’ai réappris à vivre afin de désormais jouir d'une vie pleine, assumée, consciente et épanouie. De surcroît, je me suis rendue compte que j’avais été conditionnée par un système de pensée, par un mode et un rythme de vie qui avaient fait de moi la personne que j’étais devenue, personne qui ne me ressemblait pas du tout.


En somme, ces temps de confinement très douloureux et anxiogènes à première vue, ont produit en moi des anticorps qui m’ont rendu plus forte et d’une certaine façon immunisée face à certains événements de la vie. D’ailleurs, comme le veut le dicton « Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. »


Aujourd’hui, le monde entier est en confinement. Chaque individu, chaque foyer, chaque maison, chaque famille, chaque ville, chaque pays, chaque nation se retrouve seul avec lui-même. Comment chacun va gérer ces moments? Va-t-on en sortir désormais vrai face à nous-même? Va-t-on en sortir immunisés et plus forts? Ou alors obèses pour nous être confinés en couvant jalousement nos vieilles habitudes dans l’attente de ce son de cloche nous disant finalement: Go! Hibernation terminée!



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